Une journée ordinaire de touriste en Inde…

Notre réveil dans une vaste maison donnant sur un magnifique jardin où des paons se hissaient sur les murs et des palefreniers faisaient trotter des chevaux était loin de refléter les événements qui suivirent durant cette journée.

Première étape Gurgaon dans l’Haryana – Ajmer dans le Rajasthan, 250 km pour 7h30 de train, un « super fast train » dont seule l’Inde a le secret. Des cris d’enfants nous ont accompagnés de manière ininterrompue pendant l’intégralité du trajet. Une épreuve que nous avons passée avec succès mais nous ne pouvions cacher sur notre visage l’expression de notre profonde irritation, des rides insoupçonnées d’exaspération firent leur apparition.

Muhamad était mon voisin de gauche, un kéralais musulman sunnite dont la femme n’offrait que ses yeux à voir compte tenu du niqab qu’elle portait. Laurence à ma droite m’a rapidement fait part d’un léger problème sur la banquette un peu défoncée, un défaut de rembourrage provoquait une douleur à la fesse gauche. Ainsi nous avons échangé nos places à intervalles réguliers pour éviter la crampe aux fessiers. L’effet papillon de notre manège nous rendit moqueur, car à chaque fois que Laurence se retrouvait à côté de Muhamad, Muhamad changeait de place avec sa femme, à chaque fois que je me retrouvais à côté de sa femme, Muhamad changeait également de place pour se remettre à côté de moi… Chaque wagon est composé d’une série de sous-compartiments avec deux banquettes de trois personnes qui se font face. Une question nous intriguait, pourquoi diable pour des banquettes identiques il y a seulement 3 places d’un côté et 4 de l’autre (notre côté d’ailleurs) ? Une injustice qu’un français ne saurait tolérer mais dont un indien ne semble pas s’offusquer. Car non seulement nous étions 4 + 1 enfant sur notre banquette pour 3 mais j’avais à 50 cm de mon visage le pied nu d’un des trois voyageurs de la banquette dite des privilégiés.

Un peu groggy par ce trajet, nous avons rejoint un hôtel correct. En nous apaisant quelques minutes sur le lit avant de repartir, nous découvrions un jeune cafard que je balayais du revers de la main. Ajmer abrite le mausolée d’un saint soufi persan, l‘affluence des pèlerins y est suffocante. Une armée de miséreux vogue dans la foule en attendant qu’une âme généreuse distribue des billets de 10 roupies ou encore qu’un restaurant de rue leur offre à manger. Scène terrible de la misère humaine où l’instinct animal prévaut sur tout, un amas de haillons couvrant des corps décharnés joue des coudes pour quelques grains de riz. Nous sommes retournés sur nos pas, lorsque dans une ruelle aux boutiques clinquantes, un chien aux abois s’est faufilé entre nos jambes, l’air de fuir une menace. Un homme vouté comme un lutteur le poursuivait un couteau à la main… Nous nous sommes éloignés aussitôt.

Il était temps de manger et nous nous retrouvions dans  un restaurant sans âmes dans un sous-sol à commander des thalis. Laurence en face de son Gujarati thali, moi en face de mon Pendjabi thali, nous nous appétions à attaquer nos plateaux respectifs. S’il y a un aliment que j’aime dans le thali, c’est le yaourt, il sauve l’incendie que provoquent parfois quelques épices un peu trop fortes. Mais au moment de regarder mon yaourt, un cafard le lapait goulument, salaud! L’appétit coupé, je renvoyais ce thali en cuisine ainsi que le deuxième que les serveurs m’ont apporté pour se racheter.

Retour à l’hôtel pour un repos bien mérité ! Laurence s’est aventurée dans les toilettes pour se laver les pieds lorsque j’entendis un cri. Thème récurrent de la soirée…Deux cafards gigantesques la narguaient, le genre de bêtes si grosses qu’on entend la carcasse grincer, le corps se mouvoir, le cliquetis des pattes sur le miroir !

Cette journée, nous nous en souviendrons le sourire aux lèvres, mais nous fait regretter qu’à moitié notre départ.

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A propos kharwest

Nous sommes partis découvrir comment on vivait dans le sous-continent indien. Résultat des courses, une installation à Bombay dans le quartier de Khar West.
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