« Last Man In Tower », un roman d’Aravind Adiga à Bombay

Avec « Last Man In Tower » Aravind Adiga, auteur indien anglophone, nous livre dans son deuxième roman une nouvelle peinture d’une société indienne en mutation. Son précédent roman « White Tiger » (Le Tigre Blanc), qui fut récompensé par le Booker Prize en 2008, apportait déjà un éclairage sur le résultat de deux décennies d’ouverture de l’Inde à l’économie mondiale, la profusion d’argent redéfinissant le rapport des individus entre eux dans un environnement où le système des castes reste prédominant. Dans « Last Man In Tower », nous ne nous situons plus à Delhi, mais à Bombay. L’histoire se déroule à Vakola au Sud de l’Aéroport International de Bombay, un quartier occupé par de vieux immeubles et de vastes bidonvilles qui aujourd’hui suscite la convoitise des promoteurs immobiliers. C’est ainsi que les résidents de la Vishram society, dans laquelle des chrétiens, des hindous et des musulmans habitent, se voient offrir une somme conséquente par M. Shah du Confidence Group qui souhaite acquérir le lieu pour y développer son projet de logements de luxe. Tout en découvrant le quotidien de ces Mumbaikars, le roman s’articule autour de la signature de chacun des membres de la copropriété pour céder la part qu’il détient dans cet immeuble vétuste. De longues discussions s’ensuivent, avec bien entendu des intérêts divergents. M. Shah lorsque son bras droit est inapte à convaincre certains des habitants tente de corrompre les plus récalcitrants. La tension monte au fur et à mesure du livre, un vieux professeur à la retraite refuse catégoriquement d’accepter l’offre et devient alors le dernier obstacle. Ce dernier homme, on s’y attache, mais les voisins changent d’avis et voient en lui celui qui pourrait briser leur rêve, ce rêve de richesse qui constitue le moteur de Bombay, le dynamisme de cette ville. Nous ne sommes plus dans des histoires de castes mais dans le changement d’une époque, l’ascension sociale pure et dure par l’argent avec comme moyen de se réaliser la possibilité d’un enrichissement rapide… Comment ses habitant, comment M. Shah vont-ils intervenir pour faire plier ce professeur à la retraite? De manière assez surprenante, à la fin du livre, il est difficile de juger les personnages de manière tranchée sans considérer leurs choix, leurs décisions. On a du mal à définir si ce qui a été fait est bien ou mal, à pardonner, à accuser… En attendant que ce livre soit traduit et publié en France, la lecture du Tigre Blanc d’Aravind Adiga vous fera probablement patienter, mais surtout saura vous séduire.

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A propos kharwest

Nous sommes partis découvrir comment on vivait dans le sous-continent indien. Résultat des courses, une installation à Bombay dans le quartier de Khar West.
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