Gestion de pigeon, le bruit et l’odeur…

Notre salle de bain est bien agréable, les vers d’eau auraient besoin d’exercice pour venir nous menacer… Monter les canalisations jusqu’au 4ème étage se révèle impossible ce qui nous laisse la possibilité et le plaisir de fermer les yeux en faisant couler de l’eau bien chaude sur notre tête sans avoir besoin de rester alerte pour repousser les ennemis qui rampent. Mais ces derniers jours, nous n’avons pas pu pleinement profiter de la douche….

La fenêtre de la salle de bain donne sur un espace quasi-fermé auquel nous ne pouvons accéder car une grille en fer forgé a été fixée pour empêcher les oiseaux de s’introduire. Dans cette espace, les ébats des pigeons sont constants, des roucoulements odieux viennent d’ailleurs déconcentrer celui qui trône sur les toilettes et qui peine alors à accomplir sa mission. Le roucoulement a une sonorité des plus étranges, car il est en deux temps, le premier son connu de tous laisse place à un second qui ressemblerait à un bref coassement unique de crapaud mis dans une caisse. La stérilisation des pigeons n’existe pas ici, et rapidement des œufs ont éclos dans un des coins. Les jeunes pigeons grandissaient dans leur nid confectionné intégralement en merde, libérant une odeur de transpiration de pigeon, de plume et de fiente, cocktail puissant qui donna aux pigeons une dimension nouvelle : l’ennemi contre lequel il allait nous falloir lutter. Et quelques jours plus tard, des œufs sont apparus dans l’autre coin…

Il était inconcevable de laisser ces deux nouveaux œufs éclore. Les pigeons sont bien nourris dans des temples ici, mais qu’ils y restent ! Je jetais avec un délice cruel de l’eau bouillante sur les œufs pour arrêter leur développement.  A tour de rôle et à toute heure de la journée et de la nuit nous avons utilisé le jet d’eau des toilettes pour asperger la mère couveuse pour qu’elle abandonne ses futures progénitures. Il semble que cela ait fonctionné, mais nous n’avons pas surveillé l’autre coin où les autres pigeons se développaient. Laurence s’est aperçu que l’un des deux petits pigeons n’était pas très vif… L’un des deux était mort sous son frère. Comme une vengeance de la nature, l’odeur s’est faite plus forte, plus intense, répugnante ! Nous avons du abandonner la salle de bain, les pigeons avaient gagné la partie, une revanche éclatante ! L’odeur de la charogne a gagné sur le désir de prendre une douche, les passages aux toilettes se sont fait plus rapides en apnée ou avec un tissu sur le nez et la bouche.

Nous avons informé le fils du propriétaire de la situation. A tout problème en Inde on trouve une solution, viable ou moins viable. Une ONG est spécialisée dans ce genre de problème. Il l’a contactée pour que des volontaires viennent déplacer le cadavre. Après avoir repoussé leur passage trois jours durant, ils sont bien entendu venus alors que personne n’était à la maison, nous laissant seuls avec la carcasse probablement rongée par les bêtes. Finalement, personne n’est venu et il semblerait que la phase de décomposition soit belle et bien terminée et que l’odeur s’efface lentement mais surement. Je ne dirais pas qu’un air pur souffle dans la salle de bain, mais nous pouvons reprendre notre vie paisiblement.

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A propos kharwest

Nous sommes partis découvrir comment on vivait dans le sous-continent indien. Résultat des courses, une installation à Bombay dans le quartier de Khar West.
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