Notre nouveau chez nous, enfin peinards

Nous voilà installés dans le Krishna Kunj, après le Krishna Kutir, une vraie ascension physique et sociale non seulement nous sommes passés du 1er étage au 4ème mais en plus il y a un ascenseur qui nous accueille avec la Lambada, on se demande si Kaoma touche des royalties à chaque fois qu’on le prend d’ailleurs. En tout cas de l’appart on peut dire que : c’est bien, c’est beau c’est propre et on est content. Voici une petite visite pour les curieux.

L’immeuble est habité de sikhs (religion de notre propriétaire qui est aussi notre voisin), d’hindous et également de jaïns (qui mangent des graines d’après le fils du propriétaire). Au pied de l’immeuble il y a aussi des boutiques de textile tenues par des musulmans. On est au cœur du « Popincourt » de Khar version grossiste textile  indien et non chinois. En plus de ce mélange de religions au sein d’un seul immeuble ce qui est d’ailleurs propre à Bombay on profite de cette diversité religieuse depuis notre balcon. Un temple hindou relativement important, Happy Home en bas de l’immeuble qui jouxte le notre, attire de nombreuses personnes qui poussent la chansonnette religieuse un peu trop souvent à notre gout avec micros, cloches et percussions. Trois semaines qu’on est là et on connait déjà les mélodies, dans un mois on connaitra probablement les paroles… Les appels à la prière lancés depuis la mosquée qui n’est pas trop loin rivalisent régulièrement avec le bruit du temple en contrebas. La voix d’un muezzin un peu fatigué survole la ville et ajoute une présence supplémentaire à un environnement sonore déjà saturé car au milieu de la cérémonie hindoue un son puissant de corne rempli l’air (ça ressemble au shofar des juifs d’ailleurs), et les chiens qui trainent autour n’apprécient guère ce son et hurlent à la mort aussitôt. L’Inde est spécialiste en chaos sonores et nous sommes sur notre balcon aux premières loges pour profiter de l’un d’entre eux!

Les deux premières semaines furent inégales en plaisirs. De la joie d’occuper un nouvel appartement standing à la lenteur éternelle pour avoir le gaz et internet, il ne fallait qu’un pas pour que notre enthousiasme soit mis à rude épreuve et que nous sombrions dans l’exaspération si propre à l’Inde pour notre esprit cartésien et bien rangé. Le gaz est un bien compliqué à obtenir, pourtant, la bonbonne était chez nous au deuxième jour. Le problème ? Le régulateur, cette pièce qui permet de réduire la pression de la bouteille pour amener le gaz aux plaques. Ce régulateur il peut s’obtenir en versant un bakchich au fonctionnaire qui travaille pour l’une des deux sociétés publiques concurrentes. A Bangalore, des amis nous ont passé un régulateur car ils en avaient un en trop. A notre retour, le propriétaire avait réussi de son côté à avoir enfin le régulateur. Comme souvent en Inde, tout arrive en même temps après une attente interminable, et nous nous retrouvons bien entendu aujourd’hui avec 2 régulateurs. L’absence de gaz m’a tout de même permis de profiter de la nourriture sikh de nos voisins (qui m’ont pris en pitié) dans laquelle je trouvais malheureusement un long cheveu et que je portais à ma bouche sans faire attention. Rien de grave, je m’adresse au fils du propriétaire avec qui je partageais le repas en lui disant que ça doit venir de sa mère. C’est impossible elle ne cuisine pas. Tout à coup je réalise que lui et son père ont des cheveux au moins aussi longs que les femmes de la famille (l’un des 5 piliers de la religion sikh consiste à ne pas se couper les cheveux pour les hommes) et qu’il est beaucoup plus difficile de trouver le coupable dans une famille sikh quand il y a un cheveu dans la soupe !

Pour Internet, je ne rentrerai pas dans les détails du siège que nous avons fait de MTNL – la société publique –  qui a duré une semaine, je ne raconterai pas comment l’employé à l’haleine infecte de pan (noix de bétel) a négocié un bakchich parce que le câble devait être monté au 4ème étage et que c’est moi avec le fils du proprio qui avons du monter le fil et le lancer par la fenêtre(alors que le bakchich état versé), ni comment dans la salle des connexions générale du quartier, l’employé refusait de brancher un simple câble pour affirmer sa supériorité, ni comment les employées ont pouffé de rire devant le nom de la mère du propriétaire (réelle propriétaire de notre appartement) qui s’appelle Manmohan Singh comme le premier ministre de l’Inde. Internet est désormais là, nous retrouvons notre oxygène numérique : longue vie au blog!

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A propos kharwest

Nous sommes partis découvrir comment on vivait dans le sous-continent indien. Résultat des courses, une installation à Bombay dans le quartier de Khar West.
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3 commentaires pour Notre nouveau chez nous, enfin peinards

  1. Em&M's dit :

    Damned, mais pourquoi ces barreaux aux fenêtres alors que vous êtes au 4ème étage?

  2. Ping : 9B contre Ek-Onkar, quelle coïncidence… | kharwest

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