Scoop : l’Inde élimine la pauvreté !

Billet de 20 Roupies

Le dernier recensement 2011 a confirmé la croissance galopante de la population indienne avec l’équivalent d’un « Brésil » qui s’est ajouté au pays depuis le dernier recensement il y a 10 ans. L’Inde va faire face à des défis majeurs, parmi lesquels un qui peut se révéler utile de relever pour conserver une certaine stabilité : comment aider la population à vivre de manière plus decente ?

Si la middle class indienne qui est évaluée aujourd’hui à environ 300 millions d’individus n’a pas de soucis financiers (les foyers qui gagnent plus de 1400 € par mois environ), le reste de la population (900 millions d’individus) est d’une extrême fragilité. Entre le système de castes prétendument aboli, la population rurale qui représente près de 70% de la population et les dividendes d’une croissance économique qui bénéficient essentiellement aux politiciens et aux patrons d’entreprises, la démocratie indienne est en péril. Pour montrer les deux faces du pays je vous invite à comparer la mégalomanie d’un milliardaire indien, Mukesh Ambani et l’extrême opposé que l’on peut trouver dans l’Inde rurale. Une excellente bande dessinée de Joe Sacco parue dans la revue21 (hiver 2010) dépeint un tableau qui pourrait laisser croire qu’il s’agit d’une fiction tellement la misère est profonde, pourtant on est bien dans l’Uttar Pradesh, Etat le plus peuplé et le plus pauvre de l’Inde.

Le Gouvernement met en place des systèmes de subventions aux plus pauvres. Je ne vais pas entrer dans le détail de ces programmes qui pourtant méritent bien des commentaires, avec notamment jusqu’à 90% des sommes allouées qui disparaissent avant d’atteindre les vrais destinataires. Les fonctionnaires se servent allègrement lorsque l’argent transite par eux…

Le dernier évènement est en ce mois de mai 2011 la décision de la Planning Commission (un équivalent du Gosplan russe), d’abaisser le seuil de pauvreté à 20 roupies/jour. En euros ça fait 30cts/jour, 2€10/semaine, 9€/mois ou encore 108€/an. Cela est valable dans les villes, mais pour la campagne il s’agit de 15 roupies par jour…. Un paquet de pain de mie s’élève à 20 roupies, une demi-douzaine d’œufs également, quant à un litre de lait c’est un peu plus de 40 roupies. Le Gouvernement propose donc de modifier le Food Security Act pour fournir des vivres aux gens qui sont en dessous de ce seuil de pauvreté. Décision politique majeure, au dessus de cette somme, on sort théoriquement de la pauvreté, on sort des statistiques… L’Inde peut affirmer qu’elle a fait baisser le nombre de pauvres ! En réalité, cette limite est cruciale car elle détermine combien d’indiens vont bénéficier de ces programmes et de fait combien l’Etat va devoir leur allouer. La croissance économique n’épargne pas les prix qui connaissent une inflation importante (les oignons plus chers qu’en France en janvier dernier), limitant le pouvoir d’achat de centaines de millions de personnes. En attendant souhaitons que la mousson arrive à l’heure pour que les productions agricoles permettent au pays de se nourrir à sa faim.

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A propos kharwest

Nous sommes partis découvrir comment on vivait dans le sous-continent indien. Résultat des courses, une installation à Bombay dans le quartier de Khar West.
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