Au lieu d’un Bollywood, un Hollywood et un bon fou rire!

La semaine dernière nous avons décidé de faire une infidélité au cinéma indien. Leurs films ont encore la saveur de la découverte pour nous, et c’est toujours un plaisir d’aller voir ces films populaires. Bien que dans certains films la moitié des dialogues soit en anglais, d’autres films sont en Hindi, voire en Marathi, ce qui fait de nous des spectateurs un peu passifs…. Voilà notre prétexte qui légitime notre sortie pour aller voir « The Tourist » avec Angelina Jolie et Johnny Depp.

Nous sommes retournés dans notre super complexe de 7 salles, mieux connu sous le nom de G7, chacune des salles portant un nom qui commence par la lettre G. Les films étrangers sont moins vendeurs. Sur plus de 1000 films qui sortent chaque année en Inde, moins de 8% viennent de l’étranger dont les trois quarts sont de facture américaine. L’Occident est présent mais avec humilité, sans agressions. L’Inde de son côté ne ferme pas ses portes à cette culture étrangère, elle l’ingère simplement et la remet à sa sauce. En tout cas, si les films indiens sont projetés dans de vastes salles car les spectateurs viennent en nombre, ce film américain était projeté dans une salle d’une cinquantaine de places, le genre de salle qui rappelle un peu celles du quartier latin (un peu de nostalgie ne fait pas de mal !).

Il y  faisait un froid mordant. La température avait été ajustée pour atteindre celle d’un camion frigorifique. A croire que le directeur de la salle de cinéma voulait faire des spectateurs des morceaux de viande congelée bons à être suspendus à un crochet en fin de séance. Ce coup-ci il allait falloir composer avec le souffle de la climatisation qui venait cracher son air gelé et malsain dans mon cou, j’avais oublié de prendre ma petite laine, contrairement à Laurence qui avait son chandail (depuis qu’on est en hiver, en dessous de 25°C elle a froid et se couvre aussitôt !)… Peu importe la durée du film, l’Inde fait des projections à l’ancienne : un interlude vient couper le film. Pause qui vient d’ailleurs à point nommé car elle m’a sauvé déjà par deux fois des gerçures causées par ce froid intense. Un répit de 5 minutes et retour dans la glacière, assis sur mes mains ou encore les mains plongées au plus profond des poches de mon jean pour laisser le moins possible la peau de mes bras découverte. Si le film est bien on arrive à oublier la lutte contre les basses températures, sinon c’est vraiment difficile…

Je me perds ! Revenons à notre « Tourist ». En entrant dans la petite salle, un jeune couple entre avec son enfant en bas âge. Il faut ouvrir l’esprit des enfants en leur montrant un maximum de choses. Honnêtement, à quelques mois, ça semble un peu jeune quand même, avec un risque non négligeable que les pleurs viennent s’ajouter à la bande son…Cela dit un type a largement rivalisé, il a passé une bonne partie du film à passer des coups de fil… Comme on commence à être habitué aux séances de cinéma indiennes, on s’attendait à voir quelques bandes annonces des prochaines grosses productions. Pourtant une image en Technicolor est apparue à l’écran sur laquelle on a pu deviner, car elle était floue avec des couleurs un peu passées, un drapeau Indien flottant au vent. Les quelques spectateurs se sont levés, celui derrière moi m’a fait signe de me lever également, je me suis exécuté aussitôt. Laurence a un peu traîné, têtue comme elle sait l’être, elle ne souhaitait pas se lever, bien enfoncée dans son fauteuil. La femme juste derrière moi lui a pressé l’épaule de manière insistante, Laurence s’est retournée et a compris  qu’il fallait tout de même qu’elle se lève alors que se jouait déjà l’hymne national. Côté à côte, nous avons été alors pris d’un fou rire incontrôlable face à l’absurdité de la situation. Une fois cette cérémonie terminée, la dame de derrière nous a expliqué : « when there is the national anthem, you have to stand up ! ».

On s’est dit que c’était étrange de mettre l’hymne indien avant un film américain. On l’a un peu pris pour un élan nationaliste idiot. On aurait peut-être plus compris qu’avant un film étranger, on nous fasse miroiter quelques bonnes productions locales. On a appris plus tard qu’en réalité, cet étrange protocole auquel nous n’étions pas encore familiarisés se pratiquait normalement systématiquement avant chaque film.

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A propos kharwest

Nous sommes partis découvrir comment on vivait dans le sous-continent indien. Résultat des courses, une installation à Bombay dans le quartier de Khar West.
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Un commentaire pour Au lieu d’un Bollywood, un Hollywood et un bon fou rire!

  1. Papa dit :

    Excellent!
    On s’y croirait

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